Minceur essentielle michel guerard

Bref, à 79 ans, Michel Guérard n’a jamais été aussi jeune.La prsentation et l'harmonie des couleurs sont primordiales.Et voilà ce qui charme chez ce paysan en bottes de cuir.Il retrouve les sources classiques pour leur faire rendre un son autre.Bref, il démontre qu’il est non seulement l’enchanteur Merlin de son domaine, mais bien un cuisinier essentiel de notre temps.Et tous deux sont aujourd’hui relayés par leurs deux filles Eléonore et Adeline.Le miracle s’est accompli avec la rencontre – en 1972, entre caviar et vodka au Regin’skaya- avec Christine Barthélémy.Elles seront servies de prference avec des petits pains style sudois, plus lgers ou des lgumes crus.Le miracle de cette reconversion s’opère en tout cas chaque jour.Il est le galopin de la bande à Bocuse, le luron qui s’est créé son coin de paradis, l’homme orchestre de la grande cuisine minceur et des plats naturalistes, le fantaisiste du potager et le pédago qui publie « Minceur Essentielle » (chez Albin Michel) et veut réapprendre aux Français à bien manger.Ce technicien de haut vol, toujours en éveil, est un magicien de chaque instant.Michel Guérard, devenu aubergiste de grand luxe et d’infinie sagesse, réinvente la cuisine gourmande, la veut minceur avec subtilité – ses saint jacques grillées aux agrumes, balançant entre acidité, amertume et fermeté, en sont un bel exemple.Elles introduisent le repas et doivent juste mettre l'eau la bouche".

Légèreté grande sous des allures de folie grande bourgeoise: voilà sa marque.Un repas chez lui, dans ce cadre de demeure néo-coloniale au coeur des Landes façon « Au temps en emporte le vent », revue moderne mais pas trop, avec le service le plus policé du monde, une carte des vins admirable, bordelaise, certes, mais pas seulement, est comme un apprentissage de douce civilité, indispensable dans une vie d’honnête homme et de gourmet au long cours.L’oeuf poule au caviar (avec asperges et morue) « comme à la cour de Russie », le foie gras en gelée poivrée de pomerol, le croquembouche de langoustine à la feuille du citronnier, le saumon grillé aux sarments de vigne, le – désormais classique – homard à la cheminée, comme le filet de boeuf « sur le bois et sous les feuilles », avec jus de viande, jus de raisin, pommes crémeuses et pommes soufflées sont quelques unes de ses folies raisonnables.Il s’est amusé à composer un menu hommage au « repas gastronomique des Français » où l’oreiller de mousserons et de morilles aux pointes d’asperges, précède la fine toastée de pied de cochon, foie de canard, écrevisses, plus une salade « boucanée » à l’anguille et crème de persil et enfin l’admirable gâteau mollet du marquis de béchamel flanqué de sa glace fondue à la rhubarbe – admirable « compromis sensuel entre soufflé et crème renversée » – ressemble à une leçon de choses. Bref, le petit gars de Vétheuil, qui fut jadis apprenti-pâtissier à Mantes-la-Jolie, puis pâtissier artiste et Meilleur Ouvrier de France de son registre au Crillon, qui draina ensuite le tout-Paris gourmand dans la banlieue d’Asnières au temps du Pot au Feu, qui fut le plus culotté des bistrots de son époque, est devenu le plus enraciné des hobereau landais.Il met au point une recette, la transforme, l’enjolive, lui instille sa marque et son style.


lukesky900      
es entres doivent combiner la fois fracheur et lgret.