Forum regime cosmonaute 809

Les "escales" d'une semaine à Tahiti, quand les pilotes mangeaient des noix de coco en maillot sur la plage, c'est déjà de l'histoire ancienne. Sauf que avant de faire les courses et seulement quand la durée du séjour le permet, je remplis ma mission, qui est d'assurer la sécurité des vols en dépit des aléas météorologiques ou techniques.Ils sont devenus très méfiants, les pilotes si enviés d'Air France.Et on se dit : je le vaux bien et, maintenant, je vous emmerde tous !Pour survivre, Air France doit réduire drastiquement ses coûts.Bref, une caste de privilégiés qu'il serait aisé de brocarder en ces temps de crise. On a expérimenté la rotation éclair, sorte de bizutage propre à dégoûter pour toujours de la magie de l'avion.Alors, ils ont décidé de montrer la "réalité du métier". Eric Prévot, commandant de bord qualifié sur Boeing 777 et porte-parole d'Air France, a opté pour une destination anti-glamour.Les comptes se dégradent à toute vitesse (809 millions d'euros de pertes en 2011) et l'endettement atteint un degré monstrueux (6,5 milliards d'euros).Les sélections d'Air France sont longues et ardues : tests physiques et psychiques, connaissances théoriques et pratiques, tests psychotechniques, etc."On subit un recrutement digne des films de cosmonautes, dit un CDB sur Airbus 320.A l'égard de leur compagnie, qui veut se débarrasser des sureffectifs, et à l'égard de l'opinion publique, qui réduit souvent leur vie à une sublime caricature.Mais il restera toujours une part de mythe..."Ces dernières semaines, je suis allé faire une randonnée d'une journée au Chili, j'ai visité une expo à New York et rapporté du thé vert de Hongkong, raconte le "capitaine" Eric Prévot. C'est mon obsession." Les pilotes d'Air France vivent dans un monde à part.

On est mis sur le gril pendant des semaines, on se fait pourrir sans arrêt. Une fois qu'on a survécu à cette épreuve, on ressent de la fierté.Les 4 065 pilotes d'Air France - 25 % de la masse salariale de l'entreprise - ont pour eux d'avoir une conscience aiguë de la défense de leur corporation et de leurs avantages, doublée d'une capacité de blocage explosive.On a fait Paris-Luanda-Paris dans le siège arrière du cockpit. Au menu, un décollage en fin de soirée et une nuit blanche à bord. On a compris le message, la vie d'un pilote n'est pas (toujours) celle que l'on imagine."On travaille souvent le week-end, on enchaîne les nuits blanches, on bouffe du décalage horaire.Il leur a demandé, comme aux autres personnels - hôtesses et stewards, personnels au sol -, de revoir leurs conditions de travail. Dans de nombreux domaines, on a vécu comme des riches et cela ne peut plus durer. Ce ne sont pas des tendres, mais ils veulent comprendre, négocient et on peut bâtir avec eux."Les pilotes constituent une élite au sein de la compagnie.Puissants, ils forment un Etat dans l'Etat dans la compagnie aérienne.


xerxes48      
On les décrit souvent comme (trop) bien payés, ne travaillant pas plus que ça, jetant sur le monde un regard hautain et forcément déconnecté, à la Arthus-Bertrand, fréquentant des hôtels de luxe et leurs hôtesses, vivant mille aventures au bout du monde.